Le terminal à containers s’aménage


La mise en concession du terminal à containers du port de Pointe-Noire a été décidée par le président de la République en 2000. C’est le groupe Bolloré qui en a la charge. Le coup de pioche officiel a été donné par Denis Sassou Nguesso le 30 avril 2009, 70 ans après la construction du port.



Le projet consiste en la prospection d'un port en eau profonde. Avec extension du port. Le tirant d'eau sera porté à 15 mètres de profondeur. Les terres pleines seront doublées de 17 à 38 hectares. La mise en concession permettra que le port triple sa capacité en recevant des navires transportant jusqu'à 7 mille containers. Une dizaine de grues fixes ou portiques contre une seule actuellement seront opérationnelles avec la capacité d'environ 25 containers par heure chacune.

Une révolution longtemps attendue par les armateurs du monde entier, qui permettra de faire face à l'évolution croissante du trafic. Ce saut technologique donnera à la ville la capacité de recevoir un million de containers chaque année. L'objectif est de faire de ce port une référence de l'Afrique Centrale. Il sera la première plate forme de transbordement de l'Afrique de l'ouest pour les bateaux en provenance de l'Asie. Le département de Pointe-Noire s’affirme davantage comme étant la porte d'entrée du bassin du Congo. Des qualités intrinsèques incomparables utilisées depuis près d'un siècle au croisement des principales routes maritimes, Europe-Afrique, Asie-Afrique, Amérique du sud-Afrique sont améliorées et, adaptées aux exigences de la modernité.

La mise en concession du terminal à containers s'accompagne d'un impact social sans pareil dans l'histoire du port autonome de Pointe-Noire. Elle est pressentie comme moteur puissant pour l'emploi. L'effectif des salariés permanents passera de 237 à plus de mille personnes dans dix ans. Le tout couronné par un plan de formation en vue de l'intégration des cadres congolais à fort potentiel.

Après la signature de la convention de concession, le 23 décembre 2008 à Brazzaville, le groupement Bolloré, actionnaire de référence, avec au minimum 51% du capital, a mis en place la société concessionnaire dénommée Congo Terminal. Les opérateurs historiques, SDV Congo, Socotrans, Samariti et Translo, avec lesquels le groupement a conclu des accords, détiendront au maximum 25% du capital. Les privés congolais disposeront, eux, du reste des parts.

Le coût global du projet est estimé à 454 milliards de francs CFA, dont 374 milliards à la charge du concessionnaire. Dans le cadre du financement des investissements relevant de la partie publique, une convention de financement avec l'Agence française de développement a été signée le 26 mars 2009 à Brazzaville, au montant de 29 millions d'euros, soit 18 milliards 995 millions de francs CFA.

Enfin, le terminal, associé à l'ensemble multimodale de transport qui ouvre plusieurs corridors, impulsera l'intégration sous-régionale. D'où la nécessité de rendre fluide toute la chaîne de transport, par la redynamisation du Chemin de fer Congo Océan et l'accélération de son processus de mise en concession, la réhabilitation du port autonome de Brazzaville et ports secondaires, la privatisation du Chantier naval et des transports fluviaux, enfin, par la réalisation de la liaison fixe pont-route-rail sur le fleuve Congo.

Pointe-Noire, redevenue, ipso facto, porte d'entrée du bassin du Congo, desservira un hinterland de 4 millions de kilomètres et d'environ 100 millions d'habitants. Le transit, secteur déterminant dans l'avenir de nos économies, s'invite davantage au cœur de nos activités génératrices de profit. La maximisation des performances du port autonome de Pointe-Noire contribuera, à la diversification de nos sources de revenus, en permettant au Congo de jouer pleinement son rôle de transit.

Le port reconquit sa vocation de porte océane de l'Afrique centrale et de principale plate forme de transbordement de la sous région.