Réception provisoire du barrage hydroélectrique d’Imboulou


Le barrage hydroélectrique d’Imboulou a été réceptionné provisoirement le 10 novembre dernier par le Délégué général aux grands travaux Jean Jacques Bouya. Construit sur la rivière Léfini (département du Pool), à environ 260km au nord de Brazzaville, ce barrage est doté d’une puissance de 120MW, qui seront transportés vers le centre de dispatching de Ngo dont la vocation est de distribuer le courant sur le reste des localités.



Réception provisoire du barrage hydroélectrique d’Imboulou
Le procès verbal de réception provisoire de l’ouvrage a été paraphé entre la partie congolaise, la société Chinoise China Machinery Engeneery and Corporation (CMEC) et l’ingénieur conseil d’origine Allemande Fichtner (Allemagne). La signature de ce document marque une étape cruciale dans la construction du barrage d’Imboulou.

Au cours de cette cérémonie, Jean Jacques Bouya a reçu les clés de la centrale du responsable de CMEC. Il exhorté ladite société à tout mettre en œuvre pour lever les réserves et a demandé aux exploitants du barrage de travailler dans la rigueur afin de préserver et pérenniser cet acquis de la République.

Réception provisoire du barrage hydroélectrique d’Imboulou
Selon les termes du procès verbal, CMEC devrait réaliser des essais de fonctionnement de la centrale en réseau isolé dans un délai de deux mois, compléter pendant la période de garantie d’un an le lot de pièces de rechange et combler d’autres réserves soulevées par la commission de réception des ouvrages finis (CROF).

Lancés le 23 septembre 2003 par le Président de la République Denis Sassou Nguesso, les travaux du barrage hydroélectrique d’Imboulou, prévus pour 61 mois, ont duré 84 mois pour un coût global de 340 millions de dollars américains, financés d’une part par le budget d’investissement de l’Etat congolais, et par le crédit fournisseur de la Banque de l’entrepreneur CMEC, d’autre part.
Le projet a été réalisé en dix (10) étapes pendant plus de six (6) ans de dur labeur.

Il s’agit de :

- L’excavation de la fouille de fondation de l’usine, de l’évacuateur de crues et de la digue ;
- La construction d’une route asphaltée longue de 60 km en enduit superficiel bicouche à deux sens reliant le site du barrage à la nationale 2 et large de 9 m dont 7 m de roulement et 1 m d’accotement de part et d’autre ;
- La construction de l’évacuateur des crues en béton armé long de 35 m et large de 37 m comprenant 2 pertuis de fond et 1 pertuis de surface. La capacité d’évacuation de l’ouvrage est de 1890 m³/s ;
- La construction du bâtiment de l’usine en béton armé long de 128 m et d’une largeur en crête de 62,61m ;
- La construction de la digue en terre avec une hauteur maximum de 32,5 m, la crête est arasée à la côte de 311,5 m. Cette digue composée de (02) deux parties longues respectivement de 132,60 m (digue en rive droite) et 283,00 m (digue en rive gauche ou sur le lit de la rivière) et sur 7 mètres de large, encadre l’usine et l’évacuateur des crues ;
- La construction du poste de commutation 220 kV et l’installation des équipements électriques du poste : disjoncteurs, jeux de barres et sectionneurs ainsi que des transformateurs de puissance de 40 MVA chacun situés à la plate-forme aval de l’usine. Tous ceux-ci sont reliés au poste par des lignes aériennes posées sur 04 pylônes placés au sommet du barrage ;
- La construction du bâtiment de service en béton armé à 3 nivaux (R+2) abrite la salle de commande et les autres services de l’exploitation de la centrale, il est relié à l’usine par un couloir vitré à partir du 2ème étage ;
- Le montage, les réglages et les essais des 4 groupes turboalternateurs d’une puissance chacun de 30 MW et les auxiliaires (systèmes air, huile, eau, dispositifs de protection, système contrôle commande et de signalisation, régulateur de vitesse, régulateur de tension, système courant continu, système courant alternatif, pose des câbles de puissance et de commande etc.) ;
- La construction du poste de transformateur 10,5/30 kV, poste logé dans un bâtiment à deux niveaux (R+1) à côté du bâtiment de service et qui desservira en électricité les localités de la zone proche autour d’Imboulou ;
- La construction des autres bâtiments annexes tels que l’atelier mécanique avec ses machines outils et un pont de 25 tonnes ; le garage auto ainsi que la bâtiment abritant les groupes électrogènes d’une puissance de 250 et 500 KVA.

Les 4 turbines du barrage
Les 4 turbines du barrage
Le complexe hydroélectrique d’Imboulou est fonctionnel depuis les mois de juin 2010 et produit, depuis 80MW dont 60 sont déjà injectés dans le réseau de distribution de Brazzaville et 20MW exportés vers Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).

Cependant, la défectuosité actuelle du réseau électrique de Brazzaville ne permet pas d’absorber les 80MW. La situation sera résolue après les travaux de réhabilitation du réseau en cours de réalisation dans la capitale.


Par ailleurs, le Délégué général aux grands travaux a demandé aux populations de bannir les actes de sabotage sur le réseau de distribution, notamment les branchements pirates qui entraînent des conséquences néfastes.

Les travaux du barrage sont assortis de ceux des lignes électriques associées (Très haute, moyenne et basse tension) et des postes de transformation, estimés à quelque 320 milliards de francs CFA. Ces travaux permettront de passer de 750 (de l’indépendance à 2008) à 1500km de lignes (2010). Ils ont mobilisé une expertise aussi gigantesque que variée, comprenant au total 2600 personnes dont 2000 cadres, techniciens et ouvriers Congolais, 600 Chinois et 23 Allemands.
Réception provisoire du barrage hydroélectrique d’Imboulou