Route Pointe-Noire - Brazzaville (530 km)


Sous la pluie battante, sous les yeux des populations, des sages et des officiels, la lame du tracteur rase le sol. Au volant de la machine, le chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso. Depuis près de sept jours, nous apprend-on ici, il pleut sans discontinuer.



Route Pointe-Noire - Brazzaville (530 km)
Le jeudi 25 octobre, le temps est certes à la pluie, mais l’ambiance de fête, depuis des heures, gagne les lieux. La foule est immense et sans cesse grandissante. Par le creux de l’engin, le président de la République puise une importante quantité de sable et la jette à quelques centimètres de l’amoncellement constitué sur le site. Par cet acte, Denis Sassou Nguesso lance la construction de la route Pointe- Noire/Brazzaville, longue d’environ 600 kilomètres.

Au cours de cette cérémonie, quatre orateurs se sont succédé. Roland Bouity Viaudot, maire de Pointe-Noire a exprimé l’allégresse des populations de voir se réaliser ce projet aux incidences immenses sur la société et l’économie congolaises. Avec cette route, a-t-il poursuivi, opérateurs de tous bords multiplieront divers secteurs générateurs de revenus et créateurs d’emplois. Les transporteurs aussi verront leurs perspectives s’élargir par l’accroissement de leurs activités. La route Pointe-Noire/Brazzaville rapproche les populations de plusieurs départements de notre pays et relie, tel un cordon, l’ensemble du territoire congolais, car, elle ira se joindre à la route nationale N°2. Surtout avec le lancement prochain de la route Owando-Makoua-Ouesso.

A rappelé le préfet de Pointe-Noire, Alexandre Honoré Mpaka. La construction de cette route permettra la réalisation de plusieurs infrastructures d’intérêt socioéconomique dans les principaux villages situés sur l’axe. Des dispositions sont prises pour protéger la route contre d’éventuelles occupations anarchiques. La route Pointe-Noire/ Brazzaville vient s’ajouter aux autres réalisations dont, jour après jour, le président Denis Sassou Nguesso nourrit son entreprise en faveur du Congo. La route maintes fois promise, mais jamais réalisée, c’est le rappel fait par Florent Ntsiba, ministre de l’Equipement et des Travaux publics. Heureusement, rien n’est jamais perdu dès lors que dans le coeur d’un seul homme la flamme de l’action n’est pas éteinte.

À cet endroit qui borde l’océan Atlantique, communément désigné village des voiliers, la pluie continue d’arroser terre et hommes. Mais le temps qu’il fait n’empêche pas le chef de l’Etat de prendre le bain de foule. Il a fallu beaucoup marcher, pour venir à bout de cette marée humaine qui s’étendait place de Loango, et qui, en avance sur l’ouvrage, vit déjà ses premiers émois.
Route Pointe-Noire - Brazzaville (530 km)

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, va s’inscrire dans les faits, l’engagement pris dans La Nouvelle Espérance, de donner au Congo un réseau routier fiable, diversifié et moderne. Longue d’environ 600 kilomètres, la route nationale lourde Pointe-Noire- Brazzaville, dont la chaussée aura une plateforme de 16 mètres de large, se réalisera en quatre tronçons :

Premier tronçon :
Pointe-Noire– Dolisie, 186 kilomètres.

Deuxième tronçon :
Dolisie– Madingou, 114 kilomètres.

Troisième tronçon :
Madingou- Mindouli, 111 kilomètres.

Quatrième tronçon :
Mindouli- Brazzaville 190 kilomètres.



Plusieurs ouvrages de franchissement des obstacles et de protection seront construits, dont un échangeur à l’entrée de Pointe- Noire, ainsi que des passages supérieurs pour enjamber le chemin de fer. De même sont prévus des ouvrages connexes tels des bases vie, des stations services tous les 100 kilomètres, dotées des aires de repos pour les usagers; des postes de péage, des écoles et centres de santé intégrés dans les grands villages situés sur l’axe. Les cours d’eau de traversée majeure sont : la Louvakou, la Loubomo, la Loudima, le Niari, la Bouenza, le Ndouo et le Djoué. Des bretelles seront réalisées pour assurer la liaison avec les villes de Dolisie, Loudima, Madingou, Loutété, Mindouli. Elle traversera la route de Mayama à hauteur du village centre de Nkoué.

La Route nationale lourde Pointe-Noire - Brazzaville renforcera la vocation de transit de notre pays, de l’océan vers l’hinterland. Aidera à développer le potentiel agricole des régions desservies, à reconquérir et réapproprier les courants d’évacuation des produits vers les zones de consommation. Accroîtra les voyages d’agrément et de tourisme. Promouvra les échanges sous-régionaux.

La nouvelle voie rendant la mobilité aisée, viendra équilibrer d’autres modes de transport, et fondre dans un tout cohérent les divers réseaux existants. Ainsi, le mouvement des biens et des personnes, sur ce trajet, longtemps réduit aux transports de masse, c’est-à-dire l’avion et le train, verra s’élargir son champ, avec la facilitation du transport individuel, grâce à l’usage du véhicule.

Route Pointe-Noire - Brazzaville (530 km)
Le premier tronçon, Pointe-Noire/ Dolisie, est long de 186 kilomètres et se réalisera en deux lots:

  • Lot N°1 : Pointe-Noire – Malélé,
  • Lot N°2 : Malélé-Dolisie.

Les vitesses de référence sont de 80 km/h dans la traversée du Mayombe, et 100 km/h sur le reste du tracé. Le profil en travers type se présente ainsi qu’il suit:


En rase campagne :

  • une chaussée bidirectionnelle de 2x2 voies de circulation de 6 mètres de largeur chacune, séparées par une bande médiane de 0,50 mètre marquée au sol;
  • deux accotements de 1 ,25 mètre de largeur chacun des ouvrages d’assainissement.;

Les bretelles d’accès, en zone urbaine de Pointe-Noire et de Dolisie auront les caractéristiques suivantes :

  • une chaussée de 13 mètres de largeur comprenant une bande circulable de 9 mètres et deux bandes d’arrêt de 2 mètres chacune;
  • deux trottoirs de 2 mètres de largeur chacun des ouvrages d’assainissement;
  • deux bandes végétalisées de 10 mètres chacune de part et d’autre de la chaussée, en vue de garantir une emprise suffisante à la route et protéger la voie contre d’éventuelles occupations anarchiques.

En effet, il est fréquent que, pour des mobiles socio-économiques ou commerciaux, des villages et quartiers entiers se construisent en bordure des routes aménagées, mais souvent dans l’emprise de celles-ci. Ce qui engendre, non seulement des expropriations à coûts prohibitifs, mais surtout des érosions et autres calamités. Phénomène qui s’observe davantage, avec plus de gravité dans nos villes. Le corps de chaussée correspondra à la structure d’une route lourde avec un revêtement de 7 centimètres d’épaisseur en béton bitumineux.

Les travaux seront exécutés par l’entreprise China State Construction and Equipment Corporation, pour un montant de 172 milliards 450 millions de francs Cfa. La durée prévisionnelle sera de 30 mois. Le financement se fera conformément à l’accord cadre de coopération économique et commerciale conclu le 19 juin 2006, entre notre pays et la République populaire de Chine.